24 et 25 novembre 2008, Espace Reuilly, Paris
L'enfant est une personne : depuis cet héritage laissé par Françoise Dolto, un long chemin a été parcouru : les droits de l'enfant se sont considérablement développés, jusqu'à modifier profondément la teneur de la notion même d'autorité parentale. La science fournit de nouveaux outils d'assistance médicale au service d'un droit à l'enfant toujours plus revendiqué. La notion même de parentalité semble venir unifier une place qu'homme ou femme se proposerait d'occuper indistinctement auprès de l'enfant.
David Cooper proclamait en 1975 la mort de la famille. Plus de trente ans après, on peut à tout le moins faire le constat de vastes bouleversements : constante augmentation des familles dites recomposées, implication croissante de la famille élargie dans l'éducation de l'enfant, débats passionnés autour de l'homoparentalité, autour de la question des mères porteuses (dite gestation pour autrui...), etc.
La psychanalyse nous enseigne que la naissance d'un sujet, d'un être humain parlant, ne saurait se réduire à la seule production de chair. Pour simplement pouvoir vivre, un enfant doit entrer dans des liens, un monde symbolique de langage où il trouvera une place. Comment les professionnels de l'enfance se situent-ils par rapport à cette "modernité" ? Dans quelle mesure ces évolutions sont-elles à considérer comme des progrès ? Comment les pratiques professionnelles et le travail avec les familles se trouvent-elles interrogées par tout cela ?
Le DERPAD vous propose donc d'interroger cette construction, cette génération du sujet. De chacun dans son champ propre, le positionnement éthique pourra être attendu. Aux professionnels les plus directement confrontés aux incidences de cette problématique du lien et de la séparation, ne reviendrait-il pas de se soustraire à l'idéal d'une décision pleinement justifiée, et de rappeler la pensée à sa nécessaire complexité.
Il s'agit de permettre à chaque enfant d'occuper sa place, une place à laquelle il a droit, bien sûr, mais aussi une place qui lui signifie également sa limite d'être humain confronté à la différence des sexes et des générations, une place où lui est signifié l'interdit, condition nécessaire à l'exercice de sa liberté. Dans une société qui progresse toujours plus vers l'individualisation de chacun, quelle est la place pour des professionnels de l'enfance confrontés, aux vicissitudes des liens, liens familiaux, liens sociaux, tels qu'ils se tissent aujourd'hui ?
Sommes-nous collectivement, adultes et professionnels, à la hauteur de ces enjeux ? Et d'abord en quoi consistent-ils exactement ? Le DERPAD ne prétend pas apporter les bonnes réponses mais, plus modestement, tenter de poser les bonnes questions...
23-24 avril 2007, Espace Reuilly, Paris
Les intervenants du champ médico-social auprès des enfants et adolescents en difficulté savent l'importante proportion des enfants de migrants dans la population concernée.
La question culturelle, générée, au-delà de leur fonction commune d'humanisation, par des modèles de normalité et d'inconduite distincts, par des critères d'adaptation et d'inadaptation spécifiques, est alors au coeur de leurs pratiques.
Différences certes des référents culturels d'une famille à l'autre, mais aussi différences entre la culture de chacune de ces familles et celle, individuelle et institutionnelle, de l'intervenant.
Soin psychique et protection de l'enfance s'appuient en effet sur un ensemble de représentations sur ce qu'est un enfant en danger, ce qu'est la maltraitance, ce que sont les liens parents-enfants ; autant de références, de manières de penser et de faire qui sont au coeur de l'approche clinique et du travail social. Nous souhaitons soulever ici une vaste réflexion autour des questions attachées à la rencontre, d'une part d'intervenants incarnant ces manières de penser et de faire, d'autre part de familles pour lesquelles les présupposés culturels de ces intervenants peuvent rester implicites voire incompris.
Cette réflexion devrait autoriser une meilleure compréhension des malentendus culturels et des processus de normalisation susceptibles d'apparaître, avec leurs violences potentielles, dans le cadre des prises en charge psychologiques et des mesures de protection de l'enfance.
Les actes de ce colloque feront l'objet d'une conception éditoriale plus large. Cet ouvrage de référence sera publié aux Editions Erès fin mars 2009 sous le titre "Familles et institutions : identités, cultures et imaginaires".
16-17 novembre 2004 - Paris, France - Espace Reuilly
La plupart des études portant sur les conduites toxicomaniaques soulignent que l'entrée dans les consommations se situe le plus souvent à l'adolescence. Ce fait d'expérience n'en reste pas moins massivement ignoré. Les adolescents ne consultent pas ou peu les structures de soins spécialisés. Les professionnels en charge de la protection de l'enfance ou le service public d'éducation sont quotidiennement confrontés à cette réalité. Qu'en font-ils ? Comment relever ce double défi de mieux évaluer et mieux réagir face à ces problèmes ? Quels sont les moyens de repérage permettant de répondre à l'importance et à la diversité des problèmes tout en évitant la stigmatisation ?
9-10 décembre 2002 - Paris, France - Espace
L'année 2002 fut celle de l'introduction de la monnaie unique et donc d'un nouveau pas dans la construction de l'Europe comme espace politique, économique et culturel. Il nous paraissait important de saisir cette occasion pour organiser une rencontre, inaugurant un nouvel espace de pensée et d'échanges entre les professionnels de la protection de l'enfance des différents pays de l'Union européenne.
Là encore, notre intention n'était pas de fournir un descriptif complet des réponses apportées dans ce domaine, mais de profiter de la richesse constituée par ces expériences et ces pratiques parfois radicalement différentes pour questionner nos propres pratiques professionnelles, leurs impasses ou leurs points aveugles. Nous avions fait le pari que cette confrontation serait un gage de richesse et de progrès, pourvu que nous acceptions de nous laisser interroger toujours, surprendre souvent, choquer parfois, dans ce domaine de la prise en charge des adolescents en difficulté, où il serait bien hasardeux de se barder de certitudes.
Seize intervenants représentant la France, la Belgique, l'Allemagne, le Portugal, l'Italie, l'Espagne, la Grande-Bretagne ont pu ainsi, à partir de leurs expériences de magistrats, d'avocat, d'universitaires, de médecins, de psychanalyste, de chercheurs, de président d'association, de responsables de services sociaux ou d'institutions éducatives, nous faire découvrir la diversité des réponses apportées.
20-21 mars 2001 - Paris, France - Espace Reuilly
Destiné aux professionnels du champ psychiatrique comme aux professionnels utilisateurs de la psychiatrie de l'adolescent - en particulier la Protection Judiciaire de la Jeunesse, l'Aide Sociale à l'Enfance, les Instituts de Rééducation et l'Education Nationale - ses objectifs étaient d'une part de faire connaître les pratiques et les institutions innovantes en psychiatrie de l'adolescent développées dans la région Ile-de-France et d'autre part d'articuler les pratiques et les théories : cinquante professionnels ont pu ainsi intervenir pour présenter leurs institutions ou participer à des tables rondes.
Ce colloque ne visait pas à établir un survol des réponses thérapeutiques proposées aux adolescents en Ile-de-France. C'était une tentative, nécessairement parcellaire, de rendre compte du dynamisme d'un domaine médical toujours soucieux d'adapter ses outils aux réalités mouvantes et complexes de son public. Il s'agissait pour les psychiatres de relever un défi : mettre en question publiquement leurs pratiques, ne pas reculer à témoigner sur ce qui les sous-tend, et présenter à leurs pairs, mais aussi aux nombreux professionnels des champs connexes - éducatif, judiciaire et scolaire - une vision claire des prises en charge qu'ils proposent.